Blog de recherche et d'étude sur la franchise

Analyse des réponses à la troisième question

L’argument selon lequel le taux de survie des franchisés est très supérieur au taux de survie des commerçants isolés est conforme à l’intuition. Mais il semble qu’en France aucune étude n’ait jamais permis de le vérifier et que dans le même temps, aux États-Unis, des études ont montré qu’il était faux.

Première remarque :
Le site de l’APCE affirme que le taux de survie des franchisés à l’issue de 4 ans d’activité serait de 95%. D’autres sites font référence à un taux de survie à 5 ans qui serait :
– compris entre 70 et 80% (observatoiredelafranchise.fr et ac-franchise.com) ;
– de 80% (Fédération française de la franchise) ;
– de 90% (CCI de Lyon).
Si tous les chiffres cités vont dans le même sens, on pourra s’étonner du caractère approximatif du taux de survie à 5 ans qui oscille, aux dires des différents promoteurs, entre 70% et 90%. Ce qui laisse à penser :
– soit que plusieurs études ont été menées sur le sujet ;
– soit qu’aucune étude n’a jamais permis d’établir ces chiffres et que chacun de ces organismes annonce un chiffre qui n’est que le reflet d’intuitions.

Deuxième remarque :
A ce stade de nos recherches, les sites que nous avons contactés pour avoir des détails sur l’origine des chiffres cités n’ont pas été en mesure de nous fournir les références des études desquelles ils tiraient ces chiffres.

Troisième remarque :
Dans les années 90, plusieurs études américaines menées par des chercheurs indépendants ont montré que l’argument selon lequel le taux de réussite des franchisés était très supérieur aux taux de réussite des entrepreneurs indépendants était infondé.
En septembre 2002, la Small Business Administration, un organisme fédéral chargé notamment de soutenir la création des petites entreprises en garantissant leurs emprunts, constate dans un rapport interne que les entreprises franchisées échouent, en moyenne, plus souvent que les entreprises indépendantes à rembourser leurs emprunts.
En 2005 le président de l’International Franchise Association a reconnu que l’argument du taux de réussite était trompeur et de nature à induire en erreur les futurs franchisés dans leurs analyses.

Quatrième remarque :
Devant les résultats des études américaines, les spécialistes de la franchise opposent qu’il n’est pas possible de comparer la franchise en France avec la franchise aux États-Unis. Cet argument est intellectuellement malhonnête pour deux raisons.
La première raison est qu’il existe plusieurs études établissant des similitudes entre les deux mondes français et américain de la franchise.
La deuxième est qu’aucun des spécialistes si prompts à soutenir que le taux de réussite des franchisés est très supérieur au taux de réussite des entrepreneurs en solo, n’a été en mesure de nous fournir les études capables d’étayer leurs certitudes.

CONCLUSION

Autant, il est infondé, si ce n’est faux, d’affirmer que le taux de réussite des franchisés est très supérieur au taux de réussite des entrepreneurs isolés. Autant, il est juste de dire que dans certains réseaux, le taux de réussite des franchisés est très supérieur au taux de réussite des entrepreneurs ayant opté pour la création d’entreprise en solo.

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